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22
oct 2011
Posté par Jack Potte

En France, les chiffres d’affaires des établissements de jeu montrent qu’ils sont source de revenus importants, d’emplois mais également de prélèvements de l’état. Aux États-Unis, le jeu est devenu un important loisir. Il semblerait que plus d’un demi-billion de dollars soit parié par an (FEIGELMAN et coll., 1998).

En l’absence d’études épidémiologiques en population générale concernant la prévalence du jeu à risque et du jeu pathologique en France, il est impossible de préciser la réalité et l’ampleur du phénomène. On peut néanmoins à partir d’un certain nombre de données, et notamment du récent rapport Trucy, affirmer que si les jeux de hasard et d’argent sont plutôt légèrement moins pratiqués dans notre pays que dans le reste de l’Europe, ils connaissent cependant un succès considérable dont témoigne l’évolution des dépenses des Français dans ce domaine (en augmentation de 148 % en 45 ans, soit de 1960 à 2005, c’est-à-dire bien supérieure à l’ensemble des activités de loisir et de culture).

En 2005, près de 30 millions de Français, soit trois adultes sur cinq, ont joué au moins une fois à un jeu de hasard et d’argent. Dans les pays où des études sérieuses ont été réalisées, en particulier en Amérique du Nord, on signale des taux de prévalence entre 1 et 3 % de la population générale et stables dans le temps (CHEVALIER et al., 2002 ; LADOUCEUR et al., 2002, 2005), entre 1 et 3 % de la population générale, selon que l’évaluation réalisée se limite à dépister les joueurs pathologiques ou inclut également les joueurs à risque. Il y a fort à parier que des taux du même ordre seraient retrouvés en France, ce qui définit une fourchette de 600 000 à 1 800 000 joueurs à problème (Rapport pour la MILDT concernant le problème des addictions aux jeux, Jean-Luc VÉNISSE avec la collaboration de Jean ADÈS et Marc VALLEUR, 2006).

Il faut également tenir compte de l’ampleur que ce problème risque de connaître dans les années à venir avec le développement des cyber-jeux, et de la libéralisation du marché des jeux de hasard sur Internet. Une étude américaine menée en 1975 estimait à environ 0,7 % le nombre de joueurs pathologiques. Une méta-analyse rapporte une prévalence de 1,6 % (SHAFFER et all., 1999).

Aujourd’hui, la prévalence du jeu pathologique est de 3 % avec le SOGS (9) (1,2 % des sujets ayant un probable problème de jeu et 1,8 % étant joueurs pathologiques), et 3,1 % avec le DSMIV (1,9 % des sujets ayant un probable problème de jeu et 1,2 % étant joueurs pathologiques). Un instrument de mesure comprenant 31 items, que l’on a appelé l’Indice Canadien du Jeu Excessif (ICJE) montre une prévalence de 3 % (2,4 % des sujets ayant un probable problème de jeu et 0,8 % étant joueurs pathologiques). Ce questionnaire permet d’obtenir un taux de prévalence du jeu excessif ainsi que des indications sur la pratique du jeu (les types de jeux, la fréquence de leur pratique, les dépenses qu’ils entraînent) et des corrélations correspondant au jeu excessif auxquels on peut faire appel pour établir les profils des différents types de joueurs ou de joueurs excessifs. Les résultats suggèrent que la prévalence est comparable et relativement stable selon les pays et les instruments de dépistage.

Source : CHU Louis Mourier

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